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No10 2014

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Comment concilier carrière sportive et vie personnelle : découvrez ici les conseils des athlètes olympiques Laura Asadauskatie, Miles Chamley-Watson et Michael Jung et ce qui les motive.

Cliquez sur une photo pour connaître leur histoire.

LAURA ASADAUSKATIE

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Championne olympique et du monde de pentathlon moderne, la Lituanienne Laura Asadauskatie révèle ce qui l’amène à viser juste et fait d’elle une concurrente aussi déterminée qu’aboutie.

En pentathlon moderne, c’est l’expérience qui compte. On ne devient pas championne du jour au lendemain. Il faut être en forme, physiquement et mentalement, avoir de la force, de la vitesse et de l’endurance. La psychologie joue aussi un grand rôle en pentathlon. Bien sûr vous devez maîtriser votre technique et vous montrer bonne tacticienne. C’est ce bon mélange de compétences et de psychologie qui est garant de votre succès… ou pas.

La force mentale permet de mieux se battre à l’escrime car l’esprit est énormément sollicité sur la piste. La taille aide en natation, et de grands pieds et de grandes mains vous propulsent mieux. Pour l’équitation, vous devez avoir de l’expérience et apprendre à comprendre sa monture en très peu de temps. En course, la vitesse s’acquiert à force d’entraînement. Enfin en tir, il faut faire le vide dans sa tête, car le mental est l’atout maître.

Je suis convaincue que les résultats arrivent à force de travail. Je suis plus petite que beaucoup de concurrents et je dois compenser. Donc je m’entraîne énormément. Il faut être constamment mieux préparé que ses adversaires. Je ne suis guère différente des autres, mais m’entraîner plus me donne un avantage. Cela m’aide à me sentir physiquement et mentalement forte. Quand je suis légère sur mes deux jambes, j’ai confiance en moi. Je sais que je peux tenir la distance sans problème.

Je mange beaucoup de fruits et de légumes. Pas de lait, des œufs le matin, yaourt, corn-flakes, pain bis et beurre, café. De la viande au déjeuner avec des légumes et pareil pour le dîner. S’il y a du riz ou des pâtes dans mon assiette, ils sont généralement bio ou bruns, c’est plus nutritif. Parfois je bois du frappé de protéines après l’entraînement, car je ne suis pas grande et mes reins sont petits. Mes médecins me prescrivent des protéines supplémentaires pour compenser mon énorme dépense d’énergie à l’entraînement.

Londres 2012 a été l’apogée d’une bonne saison. Tout s’est bien enchaîné au bon moment pour moi. L’idée de décrocher l’or a accentué ma concentration, et j’ai mis tout le reste de côté. À présent, je pense à gagner à Rio. On ne peut jamais prévoir trop longtemps à l’avance car tout peut toujours arriver, mais je me concentre bel et bien sur Rio.

Être mère me prend tout mon temps hors de l’entraînement et du coup la compétition est un moment de détente pour moi!

Vous ne trouverez pas grand-chose dans mon sac hormis l’équipement essentiel. Je protège mes mollets avec des guêtres durant l’épreuve combinée et je porte des bas de contention après la compétition. C’est ma première saison avec et ça me convient bien. J’aime mon baume à lèvres, j’en mets beaucoup comme la plupart des filles. J’aime être parfumée quand je concours, on peut penser que c’est bizarre mais j’aime ça pour moi.

J’écoute de la musique à la radio en voiture mais jamais quand je cours en forêt, je préfère les sons relaxants de la nature. J’ai un compte sur Facebook mais pas sur Twitter, et pas de page de fan. En vacances, je vais tantôt à la plage, tantôt au ski avec mon mari (et entraîneur Andrejus Zadneprovskis, double médaillé olympique, lui aussi) et mon bébé.

MILES
CHAMLEY-WATSON

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Après des Jeux 2012 à Londres décevants, l’escrimeur américain Miles Chamley-Watson, champion du monde en titre de fleuret, s’apprête désormais à relever le défi de la scène olympique. Il révèle ici les secrets de sa préparation.

Avant tout en escrime, il faut être vif. Petit ou grand, l’essentiel c’est d’avoir la main ou des jambes rapides. Aucune caractéristique physique n’est vraiment requise dans notre sport mais vélocité et mental d’acier sont certainement des atouts maîtres.

Je mange extrêmement sainement. Fruits et flocons d’avoine le matin, salade et protéines au déjeuner, et poisson au dîner. J’essaye de tenir les glucides à distance et je m’en tiens à un régime de protéines pures. C’est ce qui me rend fort. J’évite généralement les fritures même si au début c’était un peu difficile et j’aurais préféré manger des choses plus grasses. Mais le régime alimentaire, c’est le plus important et je prends le mien très au sérieux. Où que je sois, je m’arrange pour manger sainement.

Dès mon plus jeune âge, mon entraîneur m’a répété d’éviter de penser à l’escrime à l’approche d’une compétition, alors je vais me balader autour de là où nous séjournons, je regarde des films avec mon compagnon de chambre et je tâche de m’extraire du monde de l’escrime. C’est ma méthode. Deux à trois heures avant un match, je me prépare et je me concentre progressivement.

Avant les Jeux à Londres, j’étais particulièrement nerveux. J’étais numéro deux au classement mondial et je tirais de manière fantastique. Puis j’ai changé ma routine d’entraînement, ce qui a été une très mauvaise idée. J’ai arrêté mes études pendant un an pour m’entraîner et ne faire que ça. Du coup je me suis épuisé et au bout du compte j’ai perdu en seizièmes. Je suis très rarement tendu, je suis même plutôt du genre froid, mais cette fois-ci je l’étais complètement.

J’ai un masque personnalisé avec lequel je m’entraîne au quotidien. C’est mon masque drapeau américain. Il est beaucoup plus brillant et mon drapeau est plus ondulé que celui des autres et je suis le seul à en avoir un comme ça. Je le portais pour la première fois l’an dernier aux Championnats du monde et j’ai gagné!

J’utilise Twitter, Instagram et j’ai ma page de fans sur Facebook. Les fans ont été vraiment chics avec moi. Il y en a énormément de très jeunes dans mon club et chaque fois que j’y vais ils sont là à m’attendre. C’est très motivant parce que je fais ça aussi pour eux pour qu’ils se rendent compte que l’escrime peut aussi les conduire là où elle m’a amené.

Durant mes loisirs, je vais voir mes amis. Beaucoup des meilleurs d’entre eux jouent en NFL (ligue de football américain), et je vais les voir jouer. J’aime bien aussi aller à la plage à Miami, ce n’est qu’à deux heures de chez moi. Je retrouve des copains et on ne parle pas d’escrime. En escrime, je ne connais pas grand monde, je suis très à part, mais je préfère ça car j’ai cela me laisse d’autres options. C’est super de pouvoir faire d’autres choses.

MICHAEL JUNG

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Après ses médailles d’or, individuelle et par équipes, en sports équestres en 2012 à Londres, l’Allemand Michael Jung révèle ce qui le maintient au sommet du monde de l’équitation

Pour réussir en concours complet, il faut se montrer absolument polyvalent et avoir des aptitudes en cross, en dressage et en saut d’obstacles. En m’alignant dans les trois disciplines, pas seulement en concours complet mais aussi en dressage et en saut, je pense que je suis avantagé. Mais il faut aussi savoir comment on entraîne un cheval et tout ce que cela exige car chacun d’eux est différent.

Il faut avoir une bonne condition physique et pouvoir aussi soutenir son cheval sur un parcours de plus de 6 kilomètres. Vous devez avoir la force nécessaire pour garder une tension musculaire et conserver le contrôle jusqu’au dernier saut. Et il faut aussi avoir un grand sens de l’équilibre.

Il faut être capable de se concentrer complètement sur ce qu’on fait. Rester rivé sur son prochain départ et ne pas se laisser perturber. Comme je monte plusieurs chevaux différents par jour, j’ai plutôt tendance à ne pas être nerveux avant de commencer. J’ai une vingtaine de montures à l’entraînement, des chevaux de cross mais aussi ceux pour le saut d’obstacles et le dressage. Du coup, j’ai plusieurs routines d’entraînement.

Avant d’entamer un cross, je dresse un plan exact du parcours en fonction de ce qui convient le mieux à ma monture. Quelles sont ses forces et ses faiblesses? Y a-t-il une haie, par exemple, pour laquelle tout le monde choisit la solution la moins difficile alors qu’une trajectoire directe serait peut-être plus indiquée pour mon cheval? Ou peut-être l’inverse? Il faut absolument s’en tenir à ce qu’on a décidé et ne pas trop se laisser influencer par l’avis des autres.

En général, je mange sainement, je bois énormément d’eau et je surveille mon poids. Rien de bien particulier, juste ce qui est recommandé à chacun pour rester en forme.

L’équipement est plutôt volumineux, plus que pour la plupart des athlètes, puisqu’il y a aussi tout l’équipement des chevaux. J’ai tendance à prendre avec moi davantage qu’un cavalier spécialisé en dressage et en saut: deux paires de pantalons d’équitation blancs, une pour chaque jour, deux paires de bottes, une pour le dressage et l’autre pour le saut et le cross, une queue-de-pie et un haut-de-forme pour le dressage, un polo et un casque pour le cross, une veste et une bombe pour le saut, plus les éperons, la cravache et les gants. Et il y en a encore plus pour le cheval: deux selles, des brides, des licols et autres sangles, plusieurs plaids, des bandages et la nourriture. Il faut en prévoir plusieurs exemplaires pour le cas – fréquent - où quelque chose viendrait à casser.

À l’écurie, j’aimer écouter de la musique, et quand je monte aussi, mais pas vraiment pour me motiver plutôt comme bruit de fond agréable. Je n’ai pas des goûts très sophistiqués, j’écoute la radio, des tubes modernes ou des chansons rock.

Après une compétition, je n’ai aucun problème pour récupérer, je me détends facilement. Pour être franc, il n’y a pas de temps perdu mais je m’efforce de faire un peu d’exercice, de l’athlétisme notamment.

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